1861-1971 La saga du Feu Rouge

Le ” Feu Amont ” ou ” Feu de la Plaine ” fut construit sous le commandement du Comte de la Roncière pour éclairer la passe du sud-est du Port de Saint-Pierre. Ce sont les hommes du détachement des fusiliers disciplinaires, arrivés à Saint-Pierre en 1861 pour aider aux grands travaux de la colonie, qui entreprirent la construction de ce phare de même que celui de la Pointe aux Canons. Situé sur la Plaine au nord de l' île, à 0,4 mille du phare de la Pointe aux Canons, ses coordonnées géographiques étaient les suivantes: 46° 36' 35” N. et 56° 10' 40” W. La tour carrée, édifiée en béton armé, était surmontée d'une lanterne avec un panneau directionnel, les autres panneaux étant masqués. Ses flancs furent peints en rouge avec une bande blanche médiane en 1887.

Appareil optique et feu: lentille de 1 panneau directionnel de 0,25 de distance focale. Feu à gaz propane alimenté par rampe de trois bouteilles. Le plan focal est à 11 mètres au-dessus du sol et à 19 mètres au-dessus des hautes mers. La portée géographique est de 4 miles, 90% de l'année. Rythme: feu rouge scintillant, 40 apparitions de lumière par minute. Puissance: 4000 bougies décimales. Avec son feu fixe rouge scintillant et son habillage de rouge et de blanc décidé en

1887, le Feu de la Plaine fut communément appelé ” le Feu Rouge “.

Sa première mise en service eut lieu le 1er octobre 1862 simultanément avec le Phare de la Pointe aux Canons. A leur tout début, les deux phares restaient éteints du 1er janvier au 15 mars, cette décision étant fondée par le constat que seuls les caboteurs de l'Archipel fréquentaient le havre de Saint-Pierre et qu'ils en connaissaient suffisamment les caractéristiques. Mais suite au naufrage du brick ” Le Buron” , de Saint-Malo qui se perdit le 20 décembre 1864 vers deux heures du matin sur les basses de l'Ile aux Marins, une enquête conclut que ce drame était imputable à l'absence ponctuelle de feux de relèvement de la Pointe aux Canons et de la Plaine. Ils furent finalement allumés en permanence à compter de 1865.

En 1957, la Commission locale du Balisage a considéré que le Feu de la Plaine devait être abandonné, en s'appuyant essentiellement sur deux considérations:

1 la passe du sud-est n'est pas utilisée la nuit.
2 la tour supportant le Feu de la Plaine peut difficilement être utilisée comme amer de jour du fait de son implantation à l'intérieur de la ville. Le 7 décembre 1961, la Commission des Phares a approuvé le déclassement du Feu de la Plaine. La tour supportant l'ancien Feu de la Plaine, située dans la ville de Saint-Pierre au centre d'un terrain domanial à proximité d'un jardin d'enfants, constituant un danger pour les enfants qui en tentent l'ascension…. le Service des Phares et Balises, consulté par le Préfet en 1967, donne un avis favorable à la démolition de la tour.

Le Service des Travaux Publics de Saint-Pierre passe un contrat en date du 11 mars 1971 avec une entreprise locale pour entreprendre dans la même année la démolition du phare. Dans un autre secteur proche de la ville, l'Ecole Publique de garçons et de filles au bâtiment très imposant et dont la construction était quasi-centenaire a été abattue en 1973 en vue de céder la place à l'actuel Lycée d'Etat de Saint-Pierre. Les classes de l' école primaire ont alors été disséminées dans toute la commune en attendant d'être relogées dans un immeuble commun. Pour répondre à l'urgence, un premier bâtiment a été bâti sur la place du Feu Rouge et a ouvert ses portes en 1974.